Salles de shoot

 

 

Salle de shoot à Paris : l’agression d’une femme enceinte ravive la colère des

riverains

>Île-de-France & Oise>Paris|Cécile Beaulieu| 28 février 2018, Le Parisien
Mardi, 19 h 30, rue Ambroise-Paré (Xe). La police vient d’intervenir après l’agression d’une jeune femme enceinte aux abords de la salle de shoot. Les tensions sont de plus en vives dans le quartier DR
 
 

Une nouvelle agression perpétrée ce mardi, rue Ambroise-Paré (Xe) sur une jeune femme enceinte, a ravivé l’inquiétude et la colère des riverains.

C’est l’événement de trop. La goutte d’eau qui fait déborder le vase, dans un quartier sous tension depuis des mois. L’agression devant témoins, mardi soir, vers 19 h 30 d’une jeune femme enceinte rue Ambroise-Paré (Xe), à quelques mètres de la salle de consommation de drogue, a ravivé l’inquiétude des riverains. Ceux-là mêmes qui recensent, semaine après semaine, la multiplication des incivilités, cambriolages, intrusions dans les immeubles, deal, jet de seringues et scènes d’injection de drogue en pleine rue.

«Nous n’avons jamais connu une telle insécurité »

«Cette jeune femme sortait de l’hôpital Lariboisière où elle avait rendu visite à son père, et venait de s’engager dans l’escalier qui mène au parking souterrain, lorsqu’un homme, sous la menace d’un couteau, a tenté de lui arracher son sac à main, détaille un habitant du quartier qui a échangé avec la victime avant qu’elle ne soit prise en charge par la police. Elle pleurait, était en panique totale et commotionnée. Très choquée. Je l’ai encouragée à porter plainte. Sans qu’un lien avec la salle de shoot soit établi, il n’en demeure pas moins que jamais, avant l’ouverture du lieu, voici plus d’un an, ce quartier n'avait connu une telle insécurité et une telle série d'agressions. Nous n’en pouvons plus. »

 ***

FIGAROVOX/TRIBUNE par Patrice Tran Ba Huy 

 

 

 Une première «salle de shoot» a ouvert à Paris.

Publié par : cnpert | 2 avril 2016

Les salles de shoots –  la suite mais pas l’épilogue

Dr CostentinProfesseur Jean Costentin,

Président du centre national de prévention d’études et de recherches sur les toxicomanies (CNPERT)

 

L’arrêté portant sur le fonctionnement des « salles de consommation de drogues à moindre risque », ou « salles de shoots » a été publié au J.O. du vendredi 25 Mars 2016.

Ainsi, les objections, critiques et oppositions exprimées de nombreux côtés à ce projet n’ont pas été entendues. Elles émanaient pourtant : de l’Académie nationale de Médecine, de l’Académie nationale de Pharmacie, du Conseil national de l’Ordre des médecins, d’un important groupe de députés et de sénateurs de l’opposition, d’un collectif d’associations engagées dans la prévention des toxicomanies, auquel participait notre CNPERT, d’une très grande majorité des riverains de la gare du Nord….

L’ajustement vers le bas des politiques publiques sur les toxicomanies, le laxisme, la démagogie, l’idéologie, ont à nouveau prévalu.

Devant nous souvenir du rôle moteur joué dans l’instauration de ces salles de shoots par la ministre de la Santé, madame Marisol Touraine, nous nous appliquerons à maintenir vivace le souvenir de sa responsabilité à cet égard. Cela ne devrait pas la déranger, puisqu’elle l’assume pleinement : « J’ai porté ce projet avec conviction et j’y crois » (interview au journal « Le Parisien » du 26 Mars 2016).

Pourtant, les principaux arguments qui avaient été invoqués par les défenseurs de ce projet, ont été démentis les uns après les autres :

  • La contamination par le virus du SIDA que devait maîtriser la création de ces salles ne résiste pas au constat établissant que la contamination par le VIH n’est plus liée à l’injection des drogues ; l’accès libre et souvent gratuit aux seringues et aiguilles d’une part et l’information bien diffusée sur les dangers du prêt du matériel d’injection d’autre part, font que désormais la contamination VIH est essentiellement due à des relations homo- et hétéro-sexuelles.
  • La nécessité de lieux médicalisés permettant d’intervenir immédiatement pour secourir des surdoses d’opiacés a perdu de sa pertinence depuis que l’on dispose de sprays d’un antagoniste des morphiniques – la naloxone. Ce médicament permet à quiconque de secourir,  sans délai, en tout lieu, un morphinomane victime d’overdose.
  • La création de ces salles de shoots, pour capter des toxicomanes en errance et les orienter vers une prise en charge médicale est dénuée de pertinence en France. Notre pays s’est  en effet doté, de longue date (avec un coût considérable), de structures justement conçues à cette fin :
  • les CAARUD (centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour les usagers de drogues ; on en comptait 135 en 2010) ;
  • les CSAPA (centres de soin, d’accompagnement et de prévention en addictologie ; on en dénombre 260) ;
  • les CCAA (centres de cure ambulatoires en alcoologie, qui doivent se fondre avec les CSAPA ; comme il y en a 250, cela fera 510 CSAPA) ;
  • les bus méthadone et autres centres méthadone ;
  • les lits hospitaliers d’addictologie ;
  • les très coûteux traitements de substitution aux opiacés avec : la buprénorphine à haut dosage – Subutex® (scandaleusement détourné, sur une grande échelle, de l’usage qui justifiait sa commercialisation) et la méthadone.
  • citons encore les unités d’hospitalisation spécifiques pour toxicomanes (publiques) avec leurs lits de sevrage, des centres type Croix Rouge….

L’instauration de ces salles de shoots revient à admettre la faillite de ces ruineux dispositifs d’amont. Quand il n’y a jamais assez de moyens et que les résultats escomptés ne sont pas au rendez-vous, il faut toujours se demander si l’on n’en a pas fait trop. Cela devrait inciter la ministre à faire analyser d’une façon minutieuse, par ses services, le cahier des charges, le fonctionnement, les coûts et les résultats de ces dispositifs.

  • Il avait été expliqué que ces salles amélioreraient l’image, l’ambiance du quartier dans lequel elles seraient implantées. Les riverains du quartier de la gare du Nord, dans une « votation citoyenne » ont répondu à cet argument par une opposition frôlant l’unanimité.
  • On ne trouverait plus sur les trottoirs de seringues ni d’aiguilles menaçant les enfants (argument médiatisé très au-delà de la réalité), or ces salles de shoots ne seront ouvertes que durant 4 à 7 heures par jour, ce qui évidemment ne couvrira pas tous les moments auxquels les héroïnomanes ont un besoin irrépressible de s’injecter leur drogue et risquent encore d’abandonner sur la voie publique leur matériel d’injection.
  • Les expériences étrangères de ces salles de shoots ont été abondamment citées. Leur existence même rendait inutile de les refaire en France, quand il eut suffi de les analyser soigneusement. Parer les salles de shoots décidées par la loi du vocable d’« expérimentation », n’est qu’un subterfuge visant à apaiser les réprobations. La durée de 6 ans qui a été retenue pour cette « expérimentation » est délibérément longue, dans le dessein de la rendre irréversible.

Les arguments opposés par les académies et / ou par les associations précitées doivent être rappelées :

Cette mesure démolit, de fait, la loi qui prohibe l’usage des drogues ; loi qui prévoit la possibilité d’injonctions thérapeutiques, qui réprime l’usage ainsi que le commerce des drogues illicites. Cette loi est bafouée par les pouvoirs publiques et la ministre de la santé qui, non seulement autorisent, mais aussi financent ces salles de shoots, abritant des activités qui contreviennent à la loi. Le toxicomane accueilli dans ces salles arrivant avec sa drogue doit se la procurer à l’extérieur ; il semble prévu que la force publique devra fermer les yeux sur ce négoce alentour.

Quel médecin, qui veut rester fidèle au serment d’Hippocrate qu’il a prêté, pourra accepter de contribuer à corrompre les mœurs, par l’envoi de déplorables signaux en direction des toxicophiles qui hésitent à s’engager dans l’impasse des morphiniques, les assurant qu’au bout de ce terrible parcours ils sont attendus dans ces salles de shoots.

Quel médecin, digne de ce titre, pourra s’affranchir de la logique médicale qui exclue de traiter une intoxication par l’administration du produit qui l’a provoquée.

Si un toxicomane, au sortir d’une salle de shoots, ivre de la drogue qu’on vient de l’aider à s’injecter, se livre à quelque exaction, ne pourrait-il retourner sa responsabilité sur les responsables de cette salle qui l’auront aidé à se retrouver dans un état ne lui permettant plus de se contrôler ? Même si la loi dégage le médecin d’éventuelles poursuites, il n’est pas dans sa culture de s’affranchir, au moins moralement, des conséquences de ses actes.

Quel médecin pourrait assister à l’injection d’une drogue de nature incertaine, de concentration inconnue, coupée d’ingrédients non identifiés ; en une solution ni stérile, ni apyrogène. La suite, la ministre ne peut l’ignorer, mais « elle ne nous a pas tout dit ». La présidente de la MILDECA (mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives), se préoccupe déjà du développement d’une forme injectable de buprénorphine à haut dosage ; tandis que d’autres inspirateurs de la ministre suggèrent la mise à disposition d’une « héroïne médicale » (pure de qualité, définie en quantité, stérile et apyrogène). Les héroïnomanes, privés des revenus de leurs trafics et de leurs coupages, ne pouvant s’acheter cette héroïne, se la verront offrir (comme déjà la buprénorphine à haut dosage et la méthadone). Ainsi se verra réalisé le vœux suprême de l’héroïnomane : « Ma drogue, quand je veux, de la meilleure qualité, à la dose la plus forte possible, puisque l’on veille autour de moi pour rattraper les effets d’une overdose ; injectée au calme, au chaud, allongé même, sous le regard protecteur du médecin et celui maternel de l’infirmière ; avec une douche (facultative) et une bonne collation »; le chien qui accompagne le toxicomane pourra pendant ce temps être gardé au chenil (et, peut-être, vu de temps à autres par un vétérinaire..). Qui voit dans ces éléments de quoi inciter l’héroïnomane à rompre avec ses démons ?

« Quand on aime on ne compte pas » ; mais, comme nous n’aimons pas du tout cette disposition, nous avons compté et abouti (sur la base d’une salle de shoots par bassins démographiques de 300.000 habitants) à une dépense annuelle de l’ordre de 250 millions d’euros. La Mairie de Paris vient de voter un budget de 850.000 euros pour la seule installation de la salle de shoots au sein de l’hôpital Lariboisière.

Ces chiffres sont à mettre en perspective avec la pauvreté des moyens consacrés à une prévention des toxicomanies, digne de ce nom, dans notre pays qui collectionne des records internationaux en matière de tabagisme, d’alcoolisme, de cannabisme, d’ascension des cocaïniques et amphétaminiques et de morphino-dépendance. A cette dernière sont consacrés aussi les très dispendieux traitements de substitution aux opiacés (T.S.O.) dont le seul prix de la buprénorphine à haut dosage et de la méthadone avoisine, là aussi, près de 200 millions d’euros, pour s’adresser à près de la moitié des 250.000 individus désormais dépendants des morphiniques).

Face à ces aberrations de nos « décideurs », nous allons continuer d’exprimer avec force notre désapprobation de ces salles de shoots. Nous conservons l’espoir de mobiliser des femmes et des hommes politiques courageux, afin de revenir sur cette folie, bien avant les six ans prévus pour cette « expérimentation ». Ne laissons pas s’incruster dans le paysage glauque des toxicomanies cette « expérimentation ». Tant que l’on n’a pas renoncé on n’a pas perdu.

A l’approche de l’élection présidentielle de 2017, le CNPERT aura à cœur d’interroger les prétendants à la magistrature suprême, sur leurs projets concernant divers aspects des toxicomanies, dont ces « salles de shoots ».

Nous vous restituerons leurs réponses ou leurs silences, afin d’éclairer votre choix et de vous inciter à les faire connaître très largement autour de vous.  

 ***

 

Il est affligeant que le site Drogues Info Service se refuse à tout dialogue dans son forum.

Seule la voix institutionnelle y est autorisée.

 

Prétexter que notre pensée est toujours la même en 2016 qu'en 2013

et qu'en cela elle n'est plus d'actualité et donc non valable est plutôt surprenant !

 

Voici notre échange avec le Modérateur du site :

Modérateur Drogues info service <Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.>

 

5 avr.

 

   

   Bonjour,

Vous avez souhaité réagir à l’article d’actualité que nous avons publié vendredi 1er avril sur les Salles de consommation à moindre risques (SCMR) et nous vous en remercions.

Cependant, il semble que votre message soit la reprise d’un ancien communiqué daté de 2013 (ce que vous ne précisez pas), alors que le contexte juridique auquel vous faites allusion a changé. En effet, la loi n°2016-41 dite de « modernisation de notre système de santé » a fixé un cadre permettant la création de salles de consommation à moindre risques, répondant précisément au problème pointé initialement par le Conseil d’Etat. L’ouverture de ces salles étant désormais possible, votre communiqué apparaît donc comme obsolète. Afin de ne pas induire les lecteurs en erreur, il nous semble par conséquent préférable de ne pas publier votre communiqué.

Cordialement,

L’équipe de Drogues info service.

---------- Message transféré ----------
De : Le Phare Familles <Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.>
Date : 7 avril 2016 à 14:48
Objet : Re: Refus de votre commentaire sur notre site Drogues info serivce.fr
À : Modérateur Drogues info service <Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.>


A quand la première victime dont la mort sera supervisée par du personnel médical ?


La loi n°2016-41 dite de « modernisation de notre système de santé » ne change en rien l'aberration qu'il y a à encadrer des pratiques mortifères au lieu d'aider les personnes à sortir de la spirale infernale dont elles sont prisonnières.

 Votre refus de donner la parole au bon sens populaire et plus encore aux familles confrontées à la prise de drogue d'un des leurs montre bien que dans ce pays seule est reconnue la parole institutionnelle au mépris du travail des associations qui souhaiteraient penser et travailler autrement.

 

Est-il seulement possible que vous lisiez nos réactions de 2016 ?

http://drogues-familles.ovh/

Avec toute notre tristesse de votre refus de nous entendre.

 

Marie-Françoise Camus,

présidente de l'association LE PHARE Familles face à la drogue

http://drogues-familles.ovh/

   

 ***

 

Communiqué du collectif d’associations

 

pour la prévention des toxicomanies

 

Le Conseil d’Etat a rendu un avis négatif à la création de « lieux de consommation de drogue à moindre risque » décidée par le Premier Ministre et la Ministre de la Santé, la jugeant contraire à la loi.

 

Notre collectif s’était déjà exprimé en mars 2013 en dénonçant cette aberration et se réjouit de cette position qui souligne l’incohérence d’un tel dispositif.


Il réaffirme que ce projet, contrevient :


- à la logique, puisqu’il organise l’administration des drogues les plus dures à ceux qui en sont les plus gravement intoxiqués

 

- à l’éthique médicale, en impartissant à certains praticiens la mission de sortir du soin, pour assister la commission d’une intoxication, en la rendant plus confortable et de ce fait encore plus difficile à abandonner


- à la sécurité, en créant un environnement propice au dépassement des doses que s’administre le toxicomane

- à la responsabilité, n’assumant pas les overdoses, ni les forfaits auxquels pourraient se livrer les toxicomanes sous l’empire de la drogue qu’on vient de leur injecter dans ces salles ;


- à la réduction des risques, car le plus grand d’entre tous est la banalisation des toxicomanies et, partant, l’accroissement du nombre de ses victimes ;

 

- à l’économie de la Santé, en détournant à cette fin, dans cette période de restriction, des moyens importants, alors que la prévention est quasi inexistante et que les services conçus pour éviter cette extrémité (CAARUD, CSAPA) déplorent un manque de moyens ;


- à la sincérité, en présentant comme « expérimental » le projet parisien, alors qu’est annoncée déjà l’autorisation d’autres ouvertures ; en faisant croire que cela répond à la demande des riverains, alors qu’ils sont très majoritairement opposés à l’accueil de telles salles ; en indiquant que le toxicomane amènerait sa drogue et que le médecin assisterait à l’injection de produits non déterminés, éminemment adultérés, ni stériles, ni apyrogènes ; en faisant espérer le recul du SIDA, alors que la seringue n’est plus son vecteur.

 

Ce qui importe n’est pas de concevoir une nouvelle loi, mais de faire enfin une vraie prévention, de renforcer les dispositifs d’intervention sur la maladie grave provoquée par la drogue et de rejeter définitivement ce projet.

 



 

Au nom de : ADELT 89 ; APT 85 ; Centre National d’information sur les drogues, CNID 28, CNID 32 ; Centre national de Prévention d’études et de recherches sur les toxicomanies (CNPERT) ; COMENCA 76 ; Fédération Familles de France ; Fédération Nationale de Prévention des Toxicomanies (FNAPT) ; Phare Enfant-Parents ; Le Phare, Familles face à la drogue ; Pour une jeunesse sans drogue.

 



 

Collectif pour la Prévention des Toxicomanies

COPRETOX  -  Tél. 06 61 54 93 64 – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 51 Boulevard Carnot – 59800 LILLE

 

 

Manifeste contre l’expérimentation de salles d’injections de drogues aux toxicomanes, supervisées par

des personnels médicaux et financées par l’Etat. 

 

NON aux salles de shoot !

 

 

Le Collectif pour la Prévention des Toxicomanies qui regroupe des associations engagées dans la lutte contre les drogues et la toxicomanie et œuvrant pour la prévention, réagissent aux annonces de projets gouvernementaux.

 

Il refuse le projet d’expérimentation de « salles de shoot » car :

 

  1. Les salles d’injection ne réduiront pas les risques infectieux.

  2. Les salles d’injection aggraveront la toxicomanie par sa durée et les surdosages inévitables, facilités par la sécurisation.

  3. Les salles d’injection seront perçues comme un encouragement à la toxicomanie.

  4. Elles auront des conséquences lourdes pour la santé publique et coûteuses pour les budgets de l’Etat et des Collectivités Locales.

 

 

 

Nos associations contestent vigoureusement les arguments médiatisés :

 

- la réduction des risques infectieux (SIDA, hépatites…). Il est établi depuis la mise en place des programmes d’échange des seringues, des dons de seringues et des Stéribox, que la contamination par ces virus n’est plus le fait de la voie intraveineuse. Cet argument correspond plus à une idéologie permissive qu’à un souci de protection de la santé.

 

- le changement positif d’image des quartiers où les toxicomanes s’injectent leurs drogues. Faux : le quartier où la salle d’injection sera implantée sera livré aux va-et-vient des toxicomanes et aux « dealers » puisque c’est avec leurs drogues qu’ils accéderont à ces salles. Cela amplifiera le trafic aux abords de ces structures. Il y aura simplement un déplacement de lieux de fréquentation.

 

 

 

Nos associations redoutent :

 

  • Le risque d'ancrage des toxicomanes dans leur toxicomanie.

  • le recrutement d’autres victimes par une banalisation de l’usage des drogues.

  • L’effondrement délibéré des derniers barrages contre la toxicomanie.

  • La dérive vers la fourniture gratuite d’héroïne de qualité pharmaceutique.

 

 

 

Ce programme feint d’ignorer que dans notre pays (à la différence de ceux qui ont mis en place exclusivement ces « salles d’injections médicalisées »), ont été développées, à haut prix, différentes structures de prévention : les CAARUD, (Centres d'Accueil et d'Accompagnement à la Réduction de risques pour Usagers de Drogues) regroupant les dispositifs de réduction des risques au sein de structures uniques ; et les CSAPA (Centres de Soins d'Accompagnement et de Prévention en Addictologie), regroupant des services spécialisés pour l'alcool et les drogues illicites. Leur évaluation rigoureuse s'impose avant toute décision de propositions nouvelles, telles les salles de shoot.

 

 

 

Nos associations observent par ailleurs avec étonnement et inquiétude :

 

- Des « addictologues »  très médiatisés militent avec véhémence pour la légalisation du cannabis et ce sont eux qui poussent à l’ouverture de ces « salles de shoots ».

 

-  les détournements de la buprénorphine à haute dose (Subutex®) revendue auprès de jeunes vulnérables aux frais de la Sécurité Sociale. 

 

 

En conclusion :

 

Ce projet ne peut que heurter la conscience tant vis-à-vis de la loi que de l'éthique médicale.

 

Les associations soussignées demandent solennellement à Madame la Ministre de la Santé de renoncer à ce projet aberrant d’« expérimentation » des salles d’injections de drogue sous contrôle médicalisé, considérant qu’elles ne feront qu'aggraver la toxicomanie et qu’elles auront des conséquences catastrophiques et extrêmement coûteuses pour la santé publique. Coût estimé à 300 millions d’euros.

 

 

 

Promouvoir ces « expérimentations », c’est :

 

  • céder au pouvoir du lobbying pro-drogues,

  • faire fi de la souffrance des familles touchées par ce fléau,

  • encourager la jeunesse à l’autodestruction.

 

 

 

Comme ce sont surtout les jeunes qui sont concernés par la consommation de substances toxiques : nous avons le devoir de les protéger.

 

Déjà insuffisante depuis de nombreuses années alors que le nombre d’usagers, de plus en plus jeunes, va grandissant, la prévention risque de n’être plus qu’un leurre !

 

Nous demandons qu’une véritable politique préventive soit mise en œuvre pour réduire la demande et que tout soit entrepris pour réduire l’offre de la drogue et pour lutter contre les trafics.

 

Signataires :

 

CNPERT (Centre National de Prévention, d’Etudes et de Recherches en Toxicomanie)

FNAPT (Fédération Nationale des Associations de Prévention des Toxicomanies) regroupant :

- STOP A LA DROGUE

- LE PHARE familles face à la drogue

- VIGILANCE

- POUR UNE JEUNESSE SANS DROGUE

- APT 85

- ADELT 89

- CO.MEN.CA.76

CNID 32 et CNID 28

PHARE Enfants-Parents

Fédération des Familles de France

 

 

 

Quel est l'intérêt sanitaire des salles de shoot ?

 

février 2013 Le Figaro

 

AVIS D'EXPERT-La réponse du professeur Jean-Pierre Olié, psychiatre à l'hôpital parisien Sainte-Anne et membre de l'Académie nationale de médecine.

 

Depuis un demi-siècle, notre pays a engagé une lutte à la fois sanitaire et répressive contre les toxicomanies et les trafics de drogue. Pourtant, le nombre de personnes dépendantes à l'héroïne n'a jamais diminué au-dessous du seuil de 300.000.

 

Pourtant, il est satisfaisant d'observer que la politique de réduction des risques mise en œuvre par un grand nombre de structures de soins aux toxicomanes a significativement limité les complications infectieuses et les accidents d'overdose. Aujourd'hui, moins de 2 % des nouvelles contaminations par le virus du sida concernent les toxicomanes, et elles sont essentiellement liées à des conduites sexuelles à risque. Au contraire, la contamination par le virus de l'hépatite C demeure fréquente, touchant plus d'un toxicomane sur deux, et les salles d'injection contrôlée ne réduiront pas cette contamination extrêmement précoce dans le parcours du toxicomane.

 

La volonté de compassion à l'égard des personnes se trouvant en situation de dépendance à une ou plusieurs substances psychoactives est partagée par tous. Les toxicomanes se trouvent dans une situation de maladie qui justifie de faire tout ce qu'il est possible pour les aider à en sortir. Pour autant, on ne peut ignorer la trop fréquente difficulté de ce type de malade à s'inscrire dans un programme de soins. Nous en avons une large expérience: dès les années 1970, l'hôpital Sainte-Anne et l'hôpital Fernand-Widal à Paris ont ouvert les premiers programmes de traitement par méthadone, substance opiacée ayant démontré son utilité pour accompagner le toxicomane vers une reprise de sa liberté par rapport à la drogue. Dans ces programmes, il ne s'agit pas d'une simple dispensation au comptoir de la drogue, mais bel et bien d'un suivi médical extrêmement rapproché avec une distribution quotidienne de la substance méthadone et surtout la mise en œuvre de mesures de soutien psychologique et social rendu nécessaire par la pathologie toxicomanie.

 

L'idée des «salles de shoot» actuellement avancée en France n'est pas récente. Il y a environ vingt ans, la Suisse a été la première à en créer pour que des usagers réguliers de drogues viennent s'injecter leur produit de manière plus hygiénique sous la supervision d'un personnel qualifié. Une dizaine d'autres pays ont suivi cet exemple. Mais leur situation n'est en rien comparable avec celle de la France, dans la mesure où notre pays dispose déjà d'un grand nombre de centres de soins aux toxicomanes, ce qui n'est pas le cas dans les pays qui se sont résignés à ouvrir des salles de shoot. Or, l'expérience acquise dans ces 10 pays n'indique ni augmentation ni diminution des toxicomanies, mais très peu de sujets ont réussi à s'inscrire dans un programme de soins à partir d'un accueil dans une salle de shoot. Le résultat le plus manifeste paraît être une diminution des accidents infectieux locaux sous forme d'abcès. Par ailleurs, il convient de rappeler qu'avec près de 150.000 personnes bénéficiant aujourd'hui d'un traitement de substitution (méthadone ou buprénorphine), la France se place en tête au niveau de cette offre.

 

Aucune garantie d'asepsie

 

Les vrais risques des salles de shoot sont en premier lieu liés aux capacités «créatives» du marché, en particulier via Internet. Le risque est d'accompagner des injections encore plus néfastes que ce que l'on connaît aujourd'hui. La compassion à l'égard des toxicomanes ne saurait nous dispenser de veiller aux règles de prudence inhérentes à tout acte d'injection. Or, l'examen macroscopique de la substance avec laquelle viendraient les toxicomanes ne permettra pas de connaître la nature du ou des produits injectés. On peut d'autant plus s'inquiéter de la situation extrême d'approximation dans laquelle se trouveraient des professionnels impliqués dans ce type d'accompagnement. Il est tout aussi évident que ces substances venues de la rue n'apporteront aucune garantie d'asepsie. Ces deux éléments sont suffisants pour heurter la déontologie des professionnels sanitaires. Les autorités suisses l'ont bien compris, en faisant évoluer les salles de consommation contrôlée en salles de distribution d'héroïne médicalisée, à la condition que le toxicomane s'inscrive dans un programme de soins de sa toxicomanie. Rappelons que c'est ce qui se pratique en France depuis un demi-siècle dans les centres méthadone…

 

En médecine, la notion d'expérimentation suppose un protocole préalable strict et pertinent. Cette évaluation doit en outre se faire de manière suffisamment indépendante pour que, volontairement ou involontairement, les professionnels n'influencent pas la lecture des résultats, surtout dans une situation aussi inédite que l'ouverture de lieux dérogatoires par rapport à la loi puisque accompagnant la consommation de substances illicites.

 

Les risques idéologiques sont trop évidents pour se dispenser d'une rigueur méthodologique. Les questions de responsabilités inhérentes à l'exercice d'une profession sanitaire au sein d'une salle de shoot ne doivent pas être méconnues. Qu'adviendra-t-il en cas d'accident sanitaire ou de trouble du comportement pour un sujet ayant été ainsi «accompagné»? Le débat ouvert par les responsables politiques répond à des objectifs davantage sociaux que médicaux: rétablir l'ordre public dans certains espaces trop occupés, dit-on, par les toxicomanes. Les psychiatres savent bien la divergence de vues qui peut exister entre de légitimes objectifs d'ordre public et d'aussi légitimes objectifs sanitaires.

 

La médecine se doit de traiter et non point d'entretenir les addictions

 

Une fois encore, tout malade a droit à la compassion que nécessite son état et les toxicomanes sont des malades. Mais il importe de ne pas perdre de vue que tout malade a droit à des modalités de soins respectant les règles sanitaires élémentaires, éthiques et juridiques: rien ne justifie de ne pas accorder ce droit aux toxicomanes. Mais la médecine se doit de traiter et non point d'entretenir les addictions.

 

Les résultats des expériences de salles d'auto-injection dans d'autres pays que le nôtre ne permettent pas de porter des conclusions médicales positives. S'il est vrai qu'en France, des salles d'injection contrôlée devraient accueillir des toxicomanes depuis longtemps pris dans le piège de la toxicomanie, il faut savoir que ces salles ne réduiront ni la contamination du sida, ni la contamination du virus de l'hépatite C. De surcroît, comment croire qu'elles apporteront ici ce qu'elles n'apportent pas ailleurs: la possibilité d'inscription du toxicomane dans un programme de soin?

 

Pour conclure, nous pouvons attester de l'efficacité de la main tendue vers les populations toxicomanes. Ainsi, l'association Ligne de Vie mise en place par Michel Platini, qui a le soutien de la Mairie de Paris depuis plus de vingt ans, démontre les possibilités de réinsertion des personnes atteintes de toxicomanie, y compris dans les formes les plus graves. Au cours de l'année 2013, plus de 100 toxicomanes suivis par cette association et ayant adhéré à un programme de soins trouveront un emploi à la Mairie de Paris. Un résultat qui illustre l'importance d'actions médicalement cohérentes pour traiter les toxicomanies. C'est pourquoi il faut que nos responsables politiques sachent, dans l'hypothèse où ils décideraient hélas d'ouvrir des salles d'injection contrôlée, qu'ils ne pourront pas se dispenser pour autant d'un soutien aux associations de bénévoles et des autres nombreuses structures de soins qui luttent contre les toxicomanies et qui, dans l'intérêt des toxicomanes, restent en recherche de moyens supplémentaires.

Professeur Pierre Olié,

psychiatre à l'hôpital parisien Sainte-Anne et membre de l'Académie nationale de médecine.

 

 

 

Paris, le vendredi 25 mars 2016 – Objet de débat dans notre pays depuis de très nombreuses années, la création de salles de consommation de drogue à moindre risque (SCMR) ne semble jamais avoir été aussi proche. Un arrêté publié aujourd’hui au Journal officiel en précise en effet les « modalités concrètes (présence du matériel médical, horaires d’ouverture, déroulement de la consultation d’accueil, etc) que devront respecter les associations porteuses de projets de SCMR, en lien avec les collectivités locales », précise un communiqué du ministère de la Santé.

 

Missions multiples

 

Le texte indique ainsi que la salle de consommation a pour vocation un accueil personnalisé des patients toxicomanes, la « mise à disposition de postes de consommation adaptés et permettant un usage supervisé ; la mise à disposition de matériel stérile adapté aux consommations des usagers ; (…) l’accompagnement aux pratiques d'injection à moindre risque » la dispensation de soins, le dépistage des infections transmissibles, « l’orientation vers des structures de prise en charge médico-sociales, sanitaires ou sociales » et la participation au système de veille et d'alerte.

 

Pas de participation des professionnels à l’injection, mais une supervision

 

L’arrêté confirme bien par ailleurs que les produits consommés « peuvent être des produits illicites ainsi que des médicaments détournés ». L’injection est assurée par « l’usager » lui-même sous la « supervision d’un professionnel ». En aucun cas celui-ci ne devra participer « aux gestes de l’injection » et pourra tout au plus  livrer des conseils. D’une manière générale, le texte offre quelques éclairages sur une question souvent éludée : la participation et la responsabilité des professionnels de santé et notamment des médecins à ces dispositifs. La composition de l’équipe suppose ainsi la présence constante de « deux intervenants, dont au moins un infirmier compétent pour la prise en charge des urgences liées à l’usage de drogue ». Il est par ailleurs indiqué que « des vacations médicales » seront organisées. Agent de sécurité et éventuellement anciens usagers formés à la réduction des risques peuvent compléter les équipes en place. Non constamment présent, les médecins auront cependant la « responsabilité » de la mise en place d’un « chariot d’urgence » qui devra notamment comprendre de la naloxone. Par ailleurs, le « protocole d’intervention » destiné à décrire le fonctionnement de la SCMR devra être signé par le directeur ou par un médecin. Ainsi, on le voit la participation des professionnels de santé est centrale. Et si beaucoup seront satisfaits de pouvoir s’inscrire dans une démarche de réduction des risques, certains pourraient continuer à être réticents face à un système qui suppose que sous sa « supervision » un patient s’injecte des produits non contrôlés.

 

Polémique : piqûre de rappel

 

La publication de cet arrêté pourrait relancer les polémiques sur ces dispositifs, concernant leur utilité (notamment en France où différents programmes ont déjà permis une restriction de la transmission des infections chez les toxicomanes) et leur efficacité sur le plan sanitaire et sécuritaire. Plus encore, alors que l’ouverture d’une première salle est attendue après l’été à Paris, au sein de l’hôpital Lariboisière, les potentiels riverains de ces dispositifs devraient rappeler une nouvelle fois leurs inquiétudes et leurs réticences.

 

Aurélie Haroche (JIM)

 

« Autoriser la consommation de drogues dans les centres d’accueil pour toxicomanes » ??

Yannick Moreau, député de la Vendée littorale et Secrétaire national « Les Républicains », s’inquiète d’une recommandation de la Fédération Française d’Addictologie, parue dans son rapport rendu public le 18 avril. Celle-ci préconise en effet « d‘autoriser la consommation de drogues dans les centres d’accueil pour toxicomanes ».

Particulièrement impliqué comme orateur du groupe Les Républicains lors des débats sur l’expérimentation des « salles de shoot », qui s’avère être une légalisation déguisée, le député dénonce « un nouveau recul de la santé publique, glissant un peu plus vers la dépénalisation de l’usage de stupéfiant ». Selon lui « une telle mesure serait tout simplement irresponsable et contre-productive ».

Pour le député « La réponse face à la toxicomanie n’est pas l’accompagnement dans l’enfer de la dépendance mais bien le soin. C’était le sens des amendements que j’ai défendus à l’Assemblée nationale pour soutenir les centres de désintoxication et de sevrage, une méthode qui a fait ses preuves ».

Le député rappelle que « selon les estimations pour l’année 2015 de l’Observatoire National Interministériel de la Sécurité Routière, 25% des accidents mortels sont liés à la consommation de stupéfiants. Alors que la semaine dernière nous apprenions une dramatique hausse du nombre des tués sur la route de +14%, la ligne Gouvernementale doit être extrêmement claire et ferme », pointant du doigt les propos irresponsables de Jean-Marie LE GUEN, Secrétaire d’Etat aux Relations avec le Parlement.

A moins de 400 jours de la fin du mandat de la majorité socialiste, Yannick Moreau appelle le Gouvernement à ne pas céder aux sirènes des partisans de la dépénalisation de la consommation de drogues.

Selon Yannick Moreau « Cette surenchère idéologique permanente en période pré-électorale est aussi irresponsable qu’indécente ; irresponsable car le message d’une dépénalisation progressive de la consommation de drogue est catastrophique pour notre jeunesse et la santé publique. Indécente car l’énergie de nos dirigeants serait mieux employée à œuvrer pour le redressement des comptes publics, la libération du marché du travail et le retour de la croissance.

 

*** 

A quand la première victime dont la mort  sera supervisée par du personnel médical ?

 

***

La Fédération Française d’Addictologie (FFA) à la manœuvre pour faire exploser les toxicomanies

Professeur Jean Costentin

Président du Centre National de Prévention, d’Etudes et de Recherches sur les Toxicomanies



Le 18 avril 2016, (j’avais lu un peu vite le 1er avril, avant de découvrir, hélas, que

ce n’était pas une farce) la Fédération Française d’Addictologie (FFA), soucieuse

d’épauler les coups de boutoir concertés et convergents des mouvements qui militent

pour la légalisation de toutes les drogues, à commencer par le cannabis, y est allée de

son brûlot et s’est lâchée complètement. Elle veut offrir ainsi, aux toxicomanes, un

panier garni qui comporte :



-La rupture avec la recherche de l’abstinence ; elle n’affiche plus comme objectif

qu’une réduction des doses des drogues. La FFA a oublié que c’est à partir d’un usage

modéré initial que les victimes d’addiction ont sombré dans l ‘abus.



-Elle anticipe qu’une légalisation des drogues ouvrirait la voie à des actions

préventives enfin efficaces ; ce qui revient à mettre « la charrue avant les bœufs ». La

FFA ne peut ignorer les précédents du tabac et de l’alcool, dont la licité génère en France

13 millions de fumeurs et 4,5 millions d’alcoolo-dépendants ; avec, annuellement,

78.000 morts imputables au tabac, 49.000 morts à l’alcool, sans compter leurs très

nombreux estropiés.

Les membres de la FFA nous ont cruellement manqué dans les actions de

prévention contre ces drogues licites ; de plus ils nous ont très sournoisement

combattus dans nos actions contre les drogues illicites. Aussi, dans ce contexte, leur

raisonnement confine à une impudeur manifeste.

-La FFA ne se suffit déjà plus de la perspective de la mise en place des « salles de

shoots », qu’ils ont obtenues de la ministre de la Santé (qui, d’ailleurs, les met en place

d’une main tremblante), puisqu’elle propose dès maintenant de les généraliser aux

CAARUD (centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour

usagers de drogues ; qui sont au nombre de 150) et aux CSAPA (Centre de soins

d’accompagnement et de prévention en addictologie ; qui sont au nombre de 260, mais

deviendront 510 après leur fusion avec les CCAA = centres de cures ambulatoire en

alcoologie). Si nous comptons bien, il s’agirait de faire de ces 660 structures des salles de

shoots, en plus de celles qui se mettent en place ; les drogues partout !… Toutes ces

structures, à l’acronyme délibérément complexe qui en dissimule l’objet, ont gravement

failli dans la mission qui leur était confiée, puisqu’elles n’ont pas empêché l’instauration

de ces sortes de salles de soins palliatifs pour toxicomanes que sont les « salles de

shoots ».

-La FFA s’inscrit déjà (comme nous l’avions anticipé à l’heure du débat tronqué

sur les « salles de shoots ») dans la mise à disposition aux héroïnomanes d’une « héroïne

médicale » qui sera (il va sans dire, mais disons le tout de même) gratuite, comme la

méthadone ou le trop fameux « Subu » (si scandaleusement détourné par près de 50%

de ses bénéficiaires). Ainsi sera satisfait le vœux suprême de l’héroïnomane : « Ma

drogue, de la meilleure qualité, gratuite, quand je veux, à la dose que je veux (la plus

élevée possible puisque je bénéficie d’une assistance médicale), injectée au calme, au

chaud, couché, avec le sourire de l’infirmière, une petite collation, voire une douche et

du parfum… rien dans tout cela qui ne l’incite vraiment à rompre avec ses démons.

Parce que ces addictologues déviants, n’ont pas voulu, pas su, pas pu, traiter et

guérir les malades qui leur étaient confiés, ils rêvent de recourir à cette méga-

homéopathie, qui traite le mal par un libre usage de ce qui l’a provoqué. Ils espèrent de

ce fait, pouvoir satisfaire enfin ces nouveaux critères de très bas niveau qu’ils se fixent.

Paul Lechat, René Yafil, Georges Nahas, Léon Hovnanian, Pierre Deniker et tous nos

autres mentors inspirez-nous pour les combattre ; ils sont devenus fous !

« Un Homme ça s’oblige » disait A. Camus ; la FFA, elle, ne s’oblige pas.

Toutes les dépenses somptuaires englouties, avec sans cesse la demande de

moyens supplémentaires, pour en arriver là !

Cette situation doit interpeller le citoyen contribuable.

Les politiques doivent, de toute urgence, donner du pied dans ce nid de frelons.

Les pouvoirs publics, s’aidant d’une large diversité d’expertises et de regards

extérieurs, doivent revisiter toutes ces structures et leurs fonctionnements, pour

mettre en perspective les moyens consacrés et les résultats obtenus.

La pensée médicale doit réinvestir ces territoires sanitaires perdus, abandonnés à

des addictologues-idéologues ; elle doit contraindre ces praticiens égarés à se ressaisir,

à faire beaucoup plus dans le soin et beaucoup moins dans l’idéologie soixante-huit

attardée, marquée par « l’interdiction d’interdire ». La réduction des risques, qui leur

sert d’armure, doit faire réaliser enfin que leurs remèdes sont pires que le mal qu’ils ont

mission de combattre, parce que leurs remèdes augmentent le nombre des victimes.