Conférences

 

 
 
mardi 9 mai 2017 à 20h

collège Sainte-Marie Lyon

 
 
Comment les drogues trompent le cerveau des adolescents
 
 
par Claire Moscicki
 
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Conférence à ANNECY le 1er Avril 2016 

 

Conférence à LYON le 10 avril 2013
Conférence à DOLE le 20 octobre 2011

 

La parole forte, simple et accessible à tous du Pr Costentin, la présence des professionnels et celle du sénateur Mr Gilbert Barbier ont donné un cachet tout particulier à cette soirée. Les témoignages des parents, à la suite de celui de Claire Moscicki, ont été bouleversants, en particulier ceux de l'équipe du groupe pilote de l'Unafam qui travaille sur les groupes de parole.

Une magistrate a exprimé publiquement que juge pendant 8 ans, elle a dû accueillir des mineurs pris en flagrant délit de consommation pour des  admonestations sans sanctions, que ces jeunes la narguait dans un échange « ping-pong » et que pendant ce temps son fils chez elle en était à l'héroïne.

QUAND DONC SERONT PRONONCEES POUR LES JEUNES  et pas seulement pour les parents DES SANCTIONS EDUCATIVES (pertinentes, immédiates et comprises) : travaux d'intérêt général, stages de rupture, et... ? Pour être crédibles les paroles doivent être accompagnées par des actes.

Une famille a exprimé avec pudeur ses années de désarroi. Le père a en particulier mentionné que sous l'effet de la drogue, leur fils « pouvait se taper sur les doigts avec un marteau. Il ne sentait rien ».Son épouse travaille dans un établissement scolaire et a mentionné l'aveuglement de certains enseignants qui croient que seulement 5% des enfants se droguent. Malgré leur douloureuse épreuve, elle a su avec coeur remercier les professionnels qui accueillent de mieux en mieux les familles.

  1. le Sénateur Gilbert Barbier a exprimé son souci d'établir des sanctions par des amendes. Il a souligné aussi le changement de politique de M. Apaire, président de la MILDT, qui s'applique à enrayer la banalisation de la MILDT orchestrée par de précédentes mesures gouvernementale

 

 

 

Audition du sénat 23 mars 2011

Marie-Françoise CAMUS ,

Présidente :

Merci pour votre accueil et votre écoute. Depuis 15 ans, notre association de familles confrontées à la drogue a aidé des milliers de parents qui ont dû faire face à la toxicomanie de leur(s) enfant(s). Aide réalisée par l'écoute téléphonique, les entretiens personnels et surtout les groupes de parole et l'entraide qui en résulte entre parents. Nous réalisons aussi chaque année plusieurs centaines de formations et sensibilisations en milieu scolaire pour les jeunes et pour leurs parents.

La solide expérience que nous avons acquise depuis de nombreuses années pourrait servir de base à la création d'un site pilote entièrement dédié aux familles. Son objectif serait de permettre aux parents d'apprendre les bonnes pratiques : celles qui les placeraient effectivement au coeur du dispositif de prévention, tel que l'a souhaité François Fillon lors du lancement du plan gouvernemental 2008-2011 et dont je rappelle les propos parce qu'ils sont toujours valables et à considérer pour le prochain plan :

« Agir sur la demande de drogue est la seule issue pour stopper la progression chez les jeunes générations : la famille doit désormais être au coeur du dispositif de prévention. Pour ce faire, il s'agira de réaffirmer l'interdit et renforcer ainsi les parents dans leur légitimité à l'imposer à leurs enfants. De mettre l'accent sur la prévention des entrées en consommation des drogues illicites et des abus d'alcool chez les enfants et les jeunes. De combattre les attitudes qui contribuent à banaliser ces comportements d'usage et d'abus d'alcool. »

Nous poursuivons plusieurs objectifs à l'association lorsque nous rencontrons les familles : il s'agit tout d'abord de restaurer un espace de dialogue entre parents et enfants, lequel est généralement rompu : Nous nous plaçons délibérément dans une approche humaniste et globale de la personne. L'approche sanitaire du problème est sans doute nécessaire, mais très insuffisante. Ce n'est pas grâce à elle que l'on éduque un adolescent. Ce serait même tout-à-fait désespérant d'en rester là. Tous les jeunes que nous avons accompagnés pour sortir de la drogue ont été touchés par la relation qui a été établie avec eux, relation de respect pour leur être et leur devenir. C'est grâce à la fermeté aimante de leur parents que beaucoup s'en sortent. Personne n'apprécie d'être aimé mollement et les parents qui soutiennent leurs enfants dans ces sorties de drogue font des prouesses d'inventivité pour manifester cet amour ferme dont leurs enfants ont besoin. Le soutien de l'association les aide à retrouver une autorité là où ils n'y croyaient plus et à retrouver en eux la force nécessaire à ce combat souvent si épuisant. Nous ne pouvons pas décider à la place du jeune mais nous pouvons changer notre relation avec lui. Souvent quand les jeunes constatent le bien que l'association fait à leurs parents, ils ont alors envie de nous connaître eux aussi. Les jeunes que nous soutenons participent volontiers à nos formations dans les collèges et les lycées en apportant leurs témoignages réalistes. Notre groupe de paroles permet aux parents de retrouver confiance en eux mais aussi de pouvoir exprimer leur détresse, leur erreurs et leurs faiblesses sans être jugés. Les échanges de bonnes pratiques entre parents dans l'art de savoir dire NON sont également salutaires pour ces familles. Notre groupe de paroles est dirigé par une psychologue, laquelle n'hésite pas à orienter les familles vers les structures appropriées, thérapies familiales ou centres de soin lorsque cela est nécessaire.

Même si chaque histoire est unique, il y a des points que l'on retrouve chez la plupart des familles. Ces points nous semblent importants à prendre en compte pour l'élaboration du futur plan de prévention des toxicomanies :

1 - Les parents restent longtemps dans le déni de consommation de leurs enfants, avant de frapper à la porte d'une institution ou d'une association pour demander de l'aide. Dans la majeure partie des cas, ils viennent parce que la vérité a enfin éclaté au grand jour et que l'enfant ou le jeune ne peut plus contester, cacher, nier sa consommation de drogue : renvoi de l'école, interpellation, accident, hospitalisation en état d'ivresse, de coma, de délire ou lors d'une tentative de suicide. Ce déni de la consommation résulte d'un ensemble de facteurs :

  • Une méconnaissance des signes annonciateurs d'une prise de drogue répétée chez le jeune : les signes sont généralement perçus comme des modifications propres à l'adolescence.

  • Une décalage important entre le degré de connaissance des parents et des enfants sur les drogues, les différents produits, leur mode d'administration, la loi, etc. : il est donc tout à fait possible pour le jeune de « tromper » ses vieux. Il faut le reconnaître.

  • Un refus d'admettre que leur enfant leur cache quelque chose. Lorsque les parents ont un doute et qu'ils tentent d'aborder le sujet, ils se contentent d'attendre que l'enfant les rassure plutôt que de pousser plus loin leurs investigations, au nom de la confiance et de la prise d'autonomie de ce dernier.

2 - Les parents éprouvent une grande déception lorsqu'ils comprennent que les enfants ont une double vie depuis des mois et que ceux-ci ont pris l'habitude de leur mentir. Le mensonge répété est ce qui inquiète le plus les parents parce qu'il remet en cause ce « pacte de confiance » qui doit le propulser vers une plus grande autonomie alors qu'il est utilisé par le jeune comme un arme préservant sa consommation abusive.

3 - Ce besoin de réassurance des parents qui recherchent un « tout va bien madame la marquise » renforce le jeune dans le mensonge non plus pour préserver sa « consommation pépère », mais pour éviter la décompensation parentale. Le jeune se tait pour éviter le pire pour le clan familial. Cette attitude vaut aussi bien avant la découverte qu'après : les promesses et les bonnes résolutions s'effondrent vite parce qu'elles sont toujours intenables et irréalistes parce qu'elles sont bâties sur des données erronées de part et d'autre : les jeunes s'aperçoivent à ce moment là que ce n'est pas eux qui gèrent la drogue, mais plutôt la drogue qui les gère. Ce moment là est crucial pour les familles et elles doivent être alors épaulées par un tiers neutre. Le groupe de parole, le soutien d'une association, une prise en charge thérapeutique, tout est bon pour que les parents fragilisés soient tuteurés le temps de reprendre des forces.

4 - Le fait de savoir « enfin » est le début d'un long parcours douloureux pour l'ensemble de la famille. Il dure des mois, le plus souvent des années. Chacun sait que l'on ne guérit pas d'avoir été « accro » à une drogue : il s'agit, comme pour le cancer de rémission. En reprendre une fois fait replonger le jeune dans sa consommation antérieure, qu'il s'agisse de tabac, d'alcool, de cannabis ou autre. La maîtrise est devenu impossible à celui qui est soumis au besoin viscéral de son corps. La demande d'aide au sevrage est souvent irréalisable au moment voulu : les 5000 places disponibles sont loin d'être suffisantes. Les listes d'attente sont longues. Les services sont débordés. L'affolement des parents n'impressionne plus les services d'urgence. Seuls les cas graves sont pris en charge rapidement et le tri sélectif est draconien.

Nous répondons également aux parents qui cherchent à protéger leurs enfants contre ce fléau contemporain. Tous ceux qui nous appellent nous demandent d'intervenir auprès des instances publiques pour que cessent les messages nocifs, abusifs et hautement addictogènes de la banalisation de l'usage de la drogue. Cette banalisation est entrée dans la tête des jeunes, lesquels sont instruits par leurs pairs, à peine plus âgés : Arrêtons de banaliser des comportements dangereux comme cela a été fait ces 30 dernières années. La drogue n'est pas une fatalité. Ce sont les premières expériences de drogue qu'il s'agit d'enrayer quand elles n'ont pas pu être évitées par une prévention efficace. Comme vient de nous l'écrire un collégien « Je ne vous remercierai jamais assez. Je n'ai touché à aucune drogue depuis votre passage et ne risque pas de le faire avant longtemps. Merci, continuez, s'il vous plaît, à faire le tour des collèges car votre intervention peut sauver de précieuses vies.» La prévention primaire, cela marche à condition de savoir de quoi on parle.

 

 

Claire MOSCICKI,
 
Responsable de la formation et de la communication

 

Donner aux parents les moyens d'agir sur la demande de drogue, cela suppose quelques préalables : Réaffirmer l'interdit parental ne peut suffire à enrayer la progression de l'expérimentation des drogues dès le plus jeune âge. Tout simplement parce que nos enfants ne nous prennent pas au sérieux et nous ramènent invariablement au credo de la banalisation de la drogue, laquelle poursuit sa route dans les esprits puisqu'elle poursuit sa route dans les textes, les discours, les points de vue, les débats d'experts, les émissions de télévision, les articles de presse, les radios etc...

Seule solution pour espérer être entendu : en finir avec les postulats émis dès le 1ère édition de « savoir plus, risquer moins » de la MILDT qui sont à l'origine de la banalisation de l'usage des drogues et de la levée de l'interdit parental :

 

1 ) Une société sans drogue ça n'existe pas.

«Il n'y a pas de société sans drogue, il n'y en a jamais eu. Il n'y a pas de solution miracle, ni en France, ni dans d'autres pays. En revanche, il existe des réponses efficaces afin d'éviter les consommations dangereuses et de réduire les risques lorsqu'il y a usage».

 

2 ) Se droguer est un comportement universel :

«On le retrouve à toutes les époques et dans toutes les civilisations. La prévention doit tenir compte de l'universalité de ce comportement comme aux aspects conjoncturels de celui-ci».

 

3) L'usage simple n'est pas dangereux :

«L'usage simple est la consommation d'une substance psychoactive qui n'entraîne ni complication pour la santé, ni trouble du comportement ayant des conséquences nocives pour soi ou pour autrui. Il en est ainsi chez les adolescents et les jeunes qui essayent les drogues illicites PAR CURIOSITE ou qui consomment avec les autres par EFFET D'ENTRAINEMENT. Beaucoup en resteront à une unique expérience ou n'auront qu'une consommation occasionnelle en petite quantité».

Cette définition de l'usage simple, ne repose sur aucun fondement scientifique réel : nous savons-tous que des troubles psychologiques peuvent apparaître dès la première expérimentation. Nous savons tous que dès la première prise, la personne est en danger si elle conduit ou agit sous l'influence d'une drogue.

Cette définition est totalement démagogique à l'égard de la jeunesse, et elle constitue, vis-à-vis des parents, une levée de l'interdit parental. Elle s'attaque à la barrière naturelle que constitue la peur de porter atteinte à son intégrité physique et psychique. En associant cet usage simple à un comportement propre à la jeunesse, elle le valide : SE DROGUER N'EST PLUS UN TABOU. C'EST UN COMPORTEMENT NORMAL PROPRE À LA JEUNESSE.

Nous constatons sur le terrain que les plus jeunes, ont beaucoup de mal à se faire accepter lorsqu'ils annoncent ne pas vouloir consommer. La pression des pairs est si forte qu'ils ont de plus en plus de mal à refuser SANS CRAINTE. LE NON USAGE DE DROGUE est en train de devenir tabou. Le comble ! Il s'agit de plus en plus d'être capable de refuser « une obligation de consommer » laquelle participe du droit du plus fort, de harcèlement, voire de torture lorsque des jeunes obligent à boire un plus jeune qui refuse parce que sa religion le lui interdit.

 

4) Ce n'est pas le produit qui est dangereux mais son usage.

La prévention porte sur la maîtrise de l'usage : l'usage simple ne posant pas de problème, la prévention primaire du NON USAGE n'est pas nécessaire. La prévention porte désormais sur :

  • L'usage nocif et sa conséquence : injonction thérapeutique

  • La dépendance et ses conséquences : substitution, sevrage et abstinence forcée. Les abuseurs nocifs et les dépendants sont des victimes et des malades qu'il convient de soigner.

Il est grand temps de démontrer la différence entre le SENTIMENT DE MAITRISE et la RELLE MAITRISE. Les recherches en neurosciences permettent désormais d'appréhender cette distinction et de la faire connaître au grand public. Il est aussi grand temps de reprendre mot à mot les définitions des étapes qui mènent de l'expérimentation à la dépendance. Cette échelle est reprise actuellement par les jeunes pour justifier leur consommation et non comme des mises en garde : à partir du moment où l'usage est festif et récréatif, il ne peut y avoir de problème, quel que soit le produit ou les produits, et leur quantité absorbée.

Pour conclure sur ce point, nous dirons que ces quatre postulats n'ont rien à voir avec une vérité historique, scientifique, philosophique, psychiatrique, voire religieuse, etc mais plutôt à voir avec un programme, un choix de société prôné par des décideurs qui souhaitaient voir les Français acepter des mesures auxquelles ils étaient hostiles : la dépénalisation de l'usage des drogues et la légalisation de l'usage du cannabis. L'actualité livresque apporte la preuve de la justesse de notre analyse comme en témoigne l'ouvrage du maire de Sevran, Stéphane GATIGNON« Pour en finir avec les dealers ». Edition GRASSET.

Ce programme utopiste et irréaliste qui a consisté à demander aux adolescents de contrôler et de maîtriser leur consommation de produits à pouvoir addictogène élevé, a fait la preuve de son absurdité : Nous sommes passé de quelques milliers de consommateurs de cannabis dans les années 80 à 4 millions de consommateurs réguliers et à 12 millions d'expérimentateurs en 2011.

Puisqu'il s'agit d'un choix de société, réaffirmons pour le prochain plan ce qui a été envisagé dans le dernier : le droit légitime de nos enfants à une enfance et à une jeunesse sans drogue licite ou illicite. Nous demandons, pour ce faire, que l'Etat et les institutions en charge des campagnes nationales de prévention de la toxicomanie,

1 – Définissent avec les experts médicaux et les services compétents les principes qui LEGITIMENT l'interdit parental et ABROGENT, expertise à l'appui, les principes de la banalisation de la drogue.

2 - Donnent aux associations familiales les moyens financiers, logistiques et techniques pour que les familles prennent elles mêmes en charge leur destin de parents, face à ce fléau qu'est la toxicomanie en Europe. Les parents doivent définir eux-mêmes les bonnes stratégies. Les discours de l'INPES et de la MILDT doivent les soutenir, les encadrer mais ne suffisent pas à en faire des acteurs de terrain. L'association Le Phare-Familles face à la drogue a les compétences pour créer le premier site pilote national de prévention primaire de la toxicomanie rassemblant parents – grands-parents – éducateurs – équipes pédagogiques, etc.

 

Les parents et la prévention primaire :

Les parents ont pour rôle essentiel de protéger leurs enfants des dangers de la vie jusqu'à ce qu'ils soient en âge de s'en protéger eux-mêmes et ils y réussissent plutôt bien dans de nombreux domaines tant qu'ils savent de quoi ils parlent : la connaissance d'un risque ne suffit pas à son évitement, le savoir faire expérimental est essentiel. Autrement-dit l'apprentissage d'un risque passe par un vécu de l'adulte vers l'enfant. Il transmet essentiellement son savoir-faire en généralement trois étapes : l'évitement, la mise en sécurité et l'apprentissage de la maîtrise du risque.

Depuis trente ans, les campagnes de prévention ne s'adressent qu'à ceux qui consomment, à ceux qu doivent arrêter de gré ou de force pour cause de santé. Elles stigmatisent les consommateurs qui dépassent la norme et amoindrissent les défenses naturelles de ceux qui ne doivent pas commencer pour cause d'avenir : les enfants .

 

De quoi les parents ont-ils besoin pour renforcer les défenses naturelles de leurs enfants ?

Toute campagne de prévention primaire repose sur la normalité et non sur le pathologique : la norme c'est la non consommation. Les axes d'une campagne primaire s'appuie sur les motifs qui amènent NATURELLEMENT une bonne partie de la population à la non consommation ou à la consommation exceptionnelle et modérée. C'est le propre de la petite enfance et de l'enfance de « n'avoir jamais consommé ». Les mécanismes qui amènent des enfants de plus en plus jeunes à expérimenter les drogues sont connus. Ils peuvent être utilisés avec succès pour rétablir les défenses naturelles et les séquences de sécurité appropriées : l'évitement du danger. Pour ce faire, les parents ont donc besoin :

  • De données scientifiques, nettes et précises qui ne fassent pas débat. La drogue est un problème de santé publique. Il est temps que les données scientifiques effectives ne soient plus contestées pour cause d'enjeux électoralistes ou privés. Voir audition du professeur COSTENTIN

  • De connaître les mécanismes normaux et cérébraux qui peuvent mener n'importe lequel d'entre nous à une addiction sans le savoir, en douceur en quelque sorte et ce quel que soit le produit : drogues, jeux vidéo, jeux d'argent, cyberdépendance etc.

  • Comprendre de quoi il retourne en terme de manipulation mentale, de pression de groupe, de harcèlement pour qu'ils puissent apprendre à leurs enfants les bonnes pratiques d'évitement et de protection quand la pression devient violence verbale ou physique sur eux-même ou sur un tiers.

L'ensemble de ces données concernent « La fabrique de l'enfant » : son développement psychomoteur, le développement de ses facultés intellectuelles et psycho-sociales : ce dont il a besoin pour savoir résister aux pressions, savoir dire NON, avoir une bonne estime de lui-même, faire confiance et se faire confiance. Elles sont bonnes pour la prévention primaire de la toxicomanie mais aussi pour la prévention de la violence, de la dépression etc.

L'autorité parentale :

Les parents doivent être renforcés dans leur autorité : le prochain plan de prévention des toxicomanies doit expliciter « la parentalité » et la recadrer en termes de droits et de devoirs. Il est tout à fait symptomatique de constater, lors de nos conférences auprès des parents, que la majorité d'entre eux, soumise aux dictats de la banalisation de l'usage de drogue et du jeunisme ont oublié leurs devoirs de contrôle sur les agissements de leurs enfants et :

  • N'osent plus contrôler les faits et gestes de leurs enfants dès l'entrée au collège lorsque ceux-ci se réunissent pour faire la fête chez l'un ou l'autre.

  • N'osent pas avertir les parents lorsqu'ils voient un jeune en danger, sous prétexte que leurs propres enfants le leur interdisent.

  • N'osent plus «contrôler» les allers et venues de leurs enfants mineurs ni exiger les coordonnées téléphoniques, adresses et noms des jeunes chez lesquels «ils squattent» le temps d'une soirée ou d'un week-end dès l'entrée au collège.

  • N'osent pas vérifier les dires des enfants lorsque ceux-ci leurs mentent sur la réalité de leur double vie, qu'il s'agisse de leur relation avec le milieu ou de leur consommation véritable, qu'il s'agisse de drogues licites ou illicites.

     

La famille et l'école :

En tant qu'association familiale, nous constatons des distortions entre les usages que «supportent» les parents de la part de leurs enfants et la limite zéro que l'établissement scolaire doit faire respecter : l'usage de drogue étant interdit dans son enceinte. Les conflits y sont fréquents: les professeurs et proviseurs sont souvent pris à partie par des parents qui changent de cap dès qu'ils s'agit de leur progéniture. Mais nous trouvons également des responsables d'établissement peu enclins à une deuxième chance, après un renvoi. Lorsque les positions se durcissent, le dialogue se rompt.

Nous proposons la création de conventions partenariales gagnant-gagnant entre établissements scolaires, parents d'élèves et équipes pédagogiques, (à géométrie variable selon qu'il s'agit du primaire, du collège ou du lycée), permettant aux monde des adultes-éducateurs de se fédérer dans une position commune et de pouvoir la faire connaître et respecter par le monde des enfants.

 

L'interdit parental n'a pas d'efficacité quand la sanction n'est pas appliquée :

Nos enfants n'apprennent pas seulement à consommer les drogues entre eux. Ils apprennent également à se défendre lors des interpellations, rappels à la loi et injonctions thérapeutiques : ils savent berner les adultes et tenir le bon discours pour éviter ou limiter la sanction : faire profil bas en invoquant une diminution de consommation, un souhait de s'arrêter, etc.

C'est pourquoi nous appuyons la demande de Jean-Paul Bruneau, directeur d'E.D.V.O. . Pour les usagers qui ne se droguent encore que pour braver l'interdit ou fuir leur mal-être, il faudrait prononcer une sanction immédiate à visée éducative. Aujourd'hui, cette sanction, souvent différée, se limite la plupart du temps à un avertissement ou une injonction thérapeutique peu contrôlable et qui, dans plus de 90 % des cas, demeure sans suite. Il serait plus pertinent de leur infliger une amende de composition pénale d'un montant modique, évolutive en cas de récidive, équivalente à celle infligée pour un défaut de port de ceinture de sécurité mais accompagnée d'un enregistrement au fichier des infractions à la législation sur les stupéfiants afin de repérer les récidives et imposer, en ce cas, des mesures complémentaires comme un stage de sensibilisation ou un travail d'intérêt général dans des structures accueillant des malades dépendants en rétablissement.

 

  • Cette amende devrait être assortie d'un rappel à la loi destiné aux parents, que les jeunes soient mineurs ou majeurs dès lors que ces derniers vivent chez leurs parents.

  • Cette amende devrait être assortie d'une demande de contrôle de prise de produits psycho-actifs, faite dans un délai raisonnable : dans les trois mois qui suivent le rappel à la loi.

  • Les parents devraient être associés aux stages de sensibilisation que leurs enfants mineurs ou majeurs demeurant chez eux sont dans l'obligation de suivre par décision de justice. Ceci favoriserait l'ouverture d'un dialogue constructif et l'implication des parents dans le processus de rétablissement de leur enfant.

Conférence à BREST le 20 mai 2010 

 

Conférence à LYON le 16 mars 2010

   Conférence à Lyon le 21 novembre 2006

 

  Conférence à Lyon le 24 novembre 2005

 

 Conférence à Lyon le 6 décembre 2004

 

 Conférence à Paris le 30 septembre 2003 

 

 

 



    Audition au Sénat de Marie-Françoise CAMUS

le 23 avril 2003

 

Commission d'enquêtes sur les drogues illicites

 

Mesdames, Messieurs les Sénateurs,

Au nom de toutes les familles en souffrance qui se confient à nous, je vous remercie de votre invitation. C’est une surprise et un honneur d’être écoutés au plus haut niveau, dans une des institutions prestigieuses de l’Etat. Surprise, car nous sommes malheureusement davantage habitués à l’incompréhension et l’indifférence. Honneur, parce que vous représentez un pouvoir éminent et nous redonnez espoir.

Ce que je vous dirai aujourd’hui n’a rien d’une théorie plaquée artificiellement. C’est la réalité brute au quotidien, avec son cortège de difficultés et de drames, souvent ressentis comme des impasses dont il est très difficile de sortir. Ce sont aussi les besoins urgents qui en découlent. Si des familles de toute la France nous font confiance, c’est probablement parce que les écoutants formés à Phare sont ou ont été tous confrontés à des situations similaires. Ainsi la compréhension et la compassion entre nous est immédiate, personne ne se sent jugé, même lorsque la réalité va au-delà de tout ce que l’on peut décrire. L'entraide est alors spontanée. Notre regard est obligatoirement différent de celui d’un professionnel qui n’a pas vécu ces situations et qui ne peut se sentir impliqué de la même manière. Les personnes qui s’adressent à nous sont d'abord des mères de familles, souvent des grand-mères. Sans doute, nous sentons-nous une complicité de femmes qui favorise les échanges. Certaines nous disent, quand la situation est trop pénible et invraisemblable, ce que nous savons toutes, nous les mères : « mais quand même, il est sorti de mon ventre ». Les pères nous téléphonent moins, de façon plus brève. Quant-aux jeunes, ils nous contactent surtout par internet.

Vous savez que la toxicomanie à l’heure actuelle n’est plus seulement le fait de quelques marginaux. Notre société a orchestré une telle banalisation du cannabis auprès de nos enfants que maintenant bien des familles sont atteintes en France. La dangerosité du cannabis a été si fortement niée que le nombre de jeunes consommateurs a doublé entre 1998 et 2001. Or la plupart ont à un moment ou un autre des idées de meurtre ou de suicide. Rares sont les familles qui ne nous en parlent pas. Heureusement peu passent à l’acte, mais est-ce une drogue inoffensive une drogue qui provoque de telles idées ? Imaginez le climat familial lorsque les jeunes disent à leur père ou leur mère « tu sais, je pourrais te tuer ! » Car, c’est principalement en famille qu’ils osent manifester ainsi leurs pulsions. A peine commence-t-on à réagir publiquement devant ce fléau qui menace la santé publique, non seulement la santé physique comme avec le tabac, mais la santé mentale. Or tous ces jeunes consommateurs sont profondément marqués dans leur cerveau. Non seulement l’empreinte mnésique, le souvenir est inscrit durablement dans le disque dur de la mémoire, mais encore les moments de lucidité n’existent guère, tant que la personne reste sous l’influence du produit. Le cannabis est une drogue lente, stockée des semaines dans les graisses du cerveau et cela rend particulièrement difficile la prise de conscience sur la gravité des changements de comportement. L’insertion humaine et sociale de nos enfants en est compromise. Qui les entretiendra dans les années à venir, quand les parents n’en pourront plus ?

Que répondre à cette grand-mère qui ne sait plus quoi faire de son petit-fils. La Maman, à bout de forces l’a mis dehors. Alors ce jeune homme vole sa grand-mère, chez qui il s'est réfugié, lui subtilise sa voiture bien qu’il n’ait pas le permis, risquant ainsi de la priver de son outil de travail puisqu’elle est aide-soignante et a absolument besoin de sa voiture pour se rendre à l’hôpital. Quand je lui demande si elle arrive à parler à son petit-fils, elle me répond : « Ce n’est pas possible, il est fermé comme une huître ». Que dire à ces parents qui ont peur de leur adolescent et de ses actes de violence, même en voiture, rendant tout trajet avec lui impossible ? Voici aussi toutes ces familles qui voient revenir s’installer à la maison leur grand gaillard de 25 ans qui après des essais malheureux de vie autonome a un comportement régressif déconcertant, prince déchu qu'il faudra parfois mettre sous tutelle.

Je ne m’attarderai pas sur l’enfer vécu dans les familles. Le respect devant autant de souffrances exige une sobriété qui relève de la dignité des personnes. Ni la sensiblerie ni le voyeurisme ne sont de mise quand un jeune en vient à tout casser à la maison, parfois à provoquer son père, frapper ses frères et soeurs ou sa mère. Par contre, je voudrais insister sur les moyens à mettre en oeuvre d’urgence.

C’est-à-dire
        1 : la création de Centres de désintoxication,
        2 : la nécessité d’une prévention efficace à l’école,
        3 : l'urgence d’enrayer la promotion commerciale de la drogue.


    1 : la création de Centres de désintoxication.

Certes, certains jeunes arrêtent rapidement des débuts de consommation. Des familles nous remercient par ces mots, tantôt par écrit, tantôt oralement : « Vous nous avez aidés à être plus fermes et plus conscients des conséquences sur le cerveau.  »

D'autres ont besoin de soins psychiatriques. J’ai peine à croire, comme le dit l’Académie de Médecine dans son rapport du 19 février 2002 que seuls 1 % des consommateurs de cannabis relèvent d’un suivi psychiatrique. Dans les appels que je reçois pour des problèmes de cannabis, au moins une famille sur 5 fait état de délires suffisamment graves pour nécessiter des soins adaptés. Schizophrénie ou non, les hôpitaux psychiatriques n’ont pas toujours les moyens de faire face. Le problème est particulièrement crucial pour les enfants, car avant 16 ans et 3 mois, l’hospitalisation adulte n’est pas possible et les lieux d'accueil manquent.

Pour la majorité des jeunes accrocs au cannabis, l'hôpital n'est pas adapté. Il faut des Centres de désintoxication. Arrêter une addiction sans un soutien très ferme et exigeant, pour beaucoup, c’est impossible. Quand un jeune dort en classe, incapable d’aucune attention ni effort intellectuel, sa place n'est plus au Lycée. Faudrait-il alors des centres « spécial cannabis » ? Non, car à focaliser sur un produit, le risque serait de basculer dans un autre. Il faut simplement des lieux de réel sevrage sans aucun produit de substitution. Des jeunes encore en âge scolaire ne peuvent pas être envoyés dans les centres de post-cures actuels prévus pour les héroïnomanes et où l’on distribue méthadone ou Subutex. Il faut de nombreuses structures qui tiennent compte de l'âge, avec des projets d’établissements variés, la seule exigence commune étant la non consommation d’aucun produit modificateur de conscience. Bien entendu, la fermeté y sera de mise, ce qui ne veut pas dire la rigidité. Car il faudra s’adapter à chacun. Une surveillance médicale rigoureuse et un soutien psychologique seront évidemment indispensables. A partir de là, certains lieux mettront plus l’accent sur le sport et le travail physique comme facteur de restructuration, d’autres attacheront de l'importance à une remise à niveau scolaire et un réel travail intellectuel. Il ne s’agit pas de tout inventer. Nous devons bénéficier de l’expérience des Centres qui obtiennent des résultats tangibles. Ainsi APTE , près de Soissons ou Trempoline en Belgique. Il sera bien entendu nécessaire que ces structures travaillent en lien étroit avec les parents. Trop souvent les familles ont été évincées, alors que ce sont elles qui vivent cette épreuve sur le long terme. La qualité de leur présence -même dans les moments de distance- est un des atouts majeurs pour la réussite des projets.


    2 : la nécessité d’une prévention efficace à l’école,

La 2ème urgence est aussi impérieuse que la première. C'est la nécessité d’une prévention à l’école, crédible et adaptée à chaque tranche d'âge, depuis le CM jusqu'à la fin de la scolarité. L'offre de la drogue étant omniprésente, les enfants doivent être armés très tôt et pouvoir en parler avec des adultes avertis et responsables, autant en famille qu'à l'école. A l'adolescence, ils ont besoin d'en discuter avec les parents de leurs copains ou d'autres adultes qu'ils côtoient. La formation scientifique et médicale des parents et des enseignants faite avec l'aide de pharmacologues ou de toxicologues, est aussi importante que celle des jeunes. Beaucoup de lycéens sont étonnés quand nous leur donnons ces informations et se demandent pourquoi personne ne les avait avertis encore. En effet, si nous rappelons un état des lieux, la politique actuelle ces dernières années a été marquée par l’idée de la réduction des risques. Or s’il vaut encore mieux utiliser une seringue propre ou un préservatif plutôt que de se transmettre la maladie et la mort, ce n’est pas avec des évidences de la sorte qu’on apprend au jeune à dire NON à la drogue ni qu’on l’éduque à une affectivité équilibrée. La politique de réduction des risques a incité malheureusement à la consommation de la drogue et au vagabondage sexuel. Elle est inadaptée à l'école. Elle aboutit à ce genre de question qui tracassait des petits 5èmes venus nous demander : « Madame, la bonne drogue qu'est pas daubée, où faut-il l'acheter ? », car on a réussi à faire croire aux jeunes que le danger c'est l'adjuvant, pas la drogue. Il n'est pas acceptable de vouloir enseigner à nos enfants à gérer leur consommation, ni à cultiver la fascination de la drogue. Aidons les plutôt à former leur esprit critique, à repérer l'arnaque esclavagiste dont ils seraient les premières victimes, montrons-leur comment la drogue les empêche d'acquérir autonomie et liberté, informons-les réellement sur les méfaits des produits, pour qu'ils sachent préserver leur santé et particulièrement leur cerveau. Cette prévention d’usage que nous pratiquons à échelle réduite devrait être évaluée et reconnue, encouragée par l'Education Nationale. Arrêtons cette démagogie qui veut seulement prévenir les risques liés à l’usage.

Une prévention efficace aboutit normalement à la détermination d'éradiquer la drogue de l'école. Au besoin, le chef d'établissement doit pouvoir se faire aider d'une équipe cynophile, soit un chien spécialement dressé et son maître pour repérer d'éventuels contrevenants autant à l’école que dans un périmètre scolaire facile à délimiter. Cela aurait l’avantage de lever un climat de suspicion toujours désagréable quand on ne sait pas où se trouve exactement la drogue et d’aller droit au but sans perdre de temps. Il n’est pas pensable de fouiller les élèves. Ce serait traumatisant pour tout le monde : les jeunes ont horreur d’être soupçonnés à tort. Des contrôles urinaires pourraient aussi être pratiqués à l’infirmerie pour soutenir les plus fragiles. Des sanctions rapides et pertinentes seraient dissuasives, car quelquefois un règlement d’école bien appliqué est mieux compris que la Loi avec un grand L. Pour grandir, l’enfant a besoin de recevoir autant de signes d’amour que de signes de fermeté. Ces exigences de bon sens devraient bien sûr être élargies à tout un environnement social. Pourquoi n’y a-t-il pas encore de contrôle urinaire sur les stupéfiants avant de passer le permis de conduire ? C’est bien dès le démarrage que l’on doit prévenir la drogue au volant.


        3 : l'urgence d’enrayer la promotion commerciale de                 la drogue.

Il est non seulement nécessaire de sanctionner la publicité pour la drogue et l’incitation à se droguer. Encore faut-il retirer du marché tout ce qui contribue à fabriquer cette « mode » du pétard et de la drogue, présentée comme la manière incontournable de rester jeune et branché. Depuis plus de 25 ans, certains ouvrages ou revues incitatifs sont tolérés dans la plupart des circuits commerciaux. ASUD est même subventionné par le Ministère de la Santé. Il ne suffit pas de faire de temps à autre un procès à un promoteur de drogue, procès symbolique qui l'aide surtout par la publicité qui lui est faite à mieux lui faire vendre sa littérature. Encore faudrait-il appliquer la loi et retirer de la vente sa marchandise. La promotion de la drogue est de plus en plus orchestrée par tout un environnement médiatique. Le pétard ou la feuille de cannabis décore des vêtements de jeunes, parfois des canettes de bière ou même des yaourts. Faudra-t-il donc nous en mettre partout ? Consommez, consommez devient petit à petit consommez de la drogue, OUI CONSOMMEZ DE LA DROGUE ! Situation inadmissible. Comment échapper à cette propagande-bourrage de crâne ?

Je vous remercie de votre attention qui nous va droit au coeur, juste au moment où l’exaspération de nos familles atteint un point maximum. Quand des parents sont atteints dans leurs enfants, ils sont blessés dans ce qu’ils ont de plus cher au monde. Rien ne les arrêtera pour tenter jusqu’au bout de les sauver.

 

Marie-Françoise Camus

diplômée de toxicomanie-dopage de l'Université de médecine d'Angers

auteur de « Dépendances et Liberté », distribué par l'association

présidente de l'association Le Phare, familles face à la drogue,

 

M.  Plasait manifeste sa contrariété de cette promotion commerciale de la drogue et montre des bonbons dont le papier est décoré d'une feuille de cannabis. Il nous demande comment nous nous faisons connaître.

Principalement par le bouche à oreille et le livre édité par l'association, l'écho dans les médias, car nous ne recevons aucune subvention.

 

        M. Chabroux demande si la loi a une incidence sur la consommation. Nous avons une des législations les plus répressives et la consommation ne fait qu'augmenter.

La loi n'est pas appliquée. La distortion entre la loi et la dépénalisation de fait n'est pas acceptable. Un consensus semble exprimer la nécessité d'instaurer des contraventions, sans avoir recours chaque fois à la justice. Des travaux d'intérêt général OBLIGATOIRES seraient également bien plus éducatifs que des peines de prison inefficaces.

 

            M. Chabroux demande combien il faudrait créer de centres de désintoxication et pourquoi nous parlons surtout du cannabis.
      Chaque Lycée aurait des dizaines de jeunes qui pourraient en bénéficier. C'est donc par centaines qu'il faudrait créer de tels centres.
            Dans les préventions que nous faisons au collège, nous présentons les méfaits respectifs et comparés du tabac, de l'alcool et du cannabis, en passant un temps égal sur chacun de ces produits. Tout en insistant sur les ravages causés sur la santé par le tabac, nous pointons surtout la perte de lucidité provoquée par les produits modificateurs de conscience. Nous mettons également les jeunes en garde contre le G.H.B., la drogue du viol, l'ecstasy, les cachets et les poudres qui peuvent donner la mort. D'autant que dans une société qui a la culture du médicament, les jeunes sont moins conscients du danger.

La croissance exponentielle des jeunes consommateurs dont le nombre a doublé en 3 ans exige une attention particulière sur le cannabis, d'autant que ses méfaits sont moins reconnus que ceux des autres produits dans une opinion publique qui a été abusée.

De plus la promotion commerciale de la drogue se fait surtout sur le cannabis, à l'encontre du L 630 du code de santé publique. Vanter les overdoses ou les drogues immédiatement mortelles ne serait pas commercial. Tandis que présenter le cannabis comme une drogue douce, inoffensive et qui fait du bien encourage beaucoup plus la vente. D'autant qu'il n'y a pas de dose létale comme avec d'autres produits et que l'on fidélise ainsi la clientèle. ENRAYER LA PROMOTION DU CANNABIS, c'est par ricochet diminuer la consommation de TOUTES LES DROGUES.

 

 Conférence à Lyon le 12 mars 2003

 Conférence à Lyon en février 2003 

 

 

Conférence à Ploërmel le 28 juin 2002 

 Conférence à Lyon le 20 janvier 2002

 

 

Conférence de Jean-Luc Maxence à Lyon en mars 2001

à la Mairie du 3ème