PREVENTIONS DES TOXICOMANIES

Savoir dire non à la drogue
Prise de conscience
de la désinformation ambiante :
apprendre à sortir des confusions et des mensonges

 

 

 Qu'est-ce qu'un produit toxique ?  

 
            Un produit toxique, c'est une substance qui nous fait du mal, lorsque notre organisme l’absorbe. Tous les degrés de gravité sont possibles, depuis une légère intoxication alimentaire qui ne porte pas à conséquences jusqu’à la mort. De nombreux poisons existent dans la nature (champignons, venins, plantes : la digitale ou la ciguë peuvent être mortelles ; les Romains s’en servaient pour trucider leurs ennemis).

«  La bonne beuh » ! Ce n’est pas parce qu’un produit est naturel qu’il est sans danger, en déplaise aux revendeurs d’herbe (de cannabis). Vanter les mérites d’une plante naturelle et « pure » oublie de préciser que la plante est de plus en plus génétiquement sélectionnée et croisée pour augmenter au maximum la teneur en Delta 9 THC (principe actif de la plante).

Je suis capable de dire NON et je sais pourquoi !

                       Qu'est-ce qu'une drogue ?

Le sens du mot a évolué dans l’histoire. Pendant longtemps, cela désignait une poudre utilisée par les apothicaires, les pharmaciens ou les droguistes. Actuellement, le mot n’a pas le même sens pour un représentant de la loi (produits licites ou interdits) ou pour un médecin (substances dangereuses) ou encore dans le langage populaire (médicaments : je vais acheter mes drogues, à la pharmacie).  

Il faut donc définir le mot. La drogue perturbe le système nerveux, s’introduit indûment dans la bio-chimie du cerveau. Elle est aussi souvent, mais pas obligatoirement, un produit modificateur de conscience et des perceptions. Lorsqu’elle modifie la conscience, conscience de ce qui se passe autour, mais aussi conscience du bien et du mal, car les 2 sont beaucoup plus liés qu’il n’y paraît de prime abord, elle altère les perceptions spatio-temporelles. Sous son influence, l’utilisateur ne gère plus le temps, que ce soit une courte période dans la journée, que ce soit son avenir. Il a des rêves, mais pas de projets qu’il puisse confronter à la réalité. Ainsi, il ne peut pas devenir adulte. L’enfant vit dans l’instant, l’adulte construit dans la durée (choix d’un métier, d’un conjoint, fondation d’une famille).

Je suis capable de dire NON et je sais pourquoi !

 

                   Comment consomme-t-on de la drogue ?

                  On la respire, on la fume, on l’avale (la “ gobe ”). Quand on devient très dépendant, il arrive qu’on se l’injecte (shoot), même si on a peur des piqûres, pour avoir un effet plus violent et plus rapide.

Je suis capable de dire NON et je sais pourquoi !

 

                    Le tabac est-il une drogue ?

Le tabac est un perturbateur du cerveau. Il interfère dans le fonctionnement réflexe normal des fonctions vitales : manger, boire, dormir, se reproduire. Le système d’alerte plaisir-déplaisir est faussé. Les indicateurs de ce qui est dangereux et mauvais mentent. Ce qui devrait être désagréable et pénible puisque cela fait du mal procure un bien-être artificiel. Ainsi l’addiction à la nicotine. Le souvenir de cette modification (empreinte mnésique) reste inscrit dans le système limbique, le système du plaisir. Voilà pourquoi un ex-fumeur ne devient jamais un non-fumeur.

Pour autant, le tabac n’empêche pas de vivre, de travailler, de conduire une voiture, de se marier (avec quelqu’un qui supporte que l’on sente mauvais, parce que l’on pue).

C’est un produit terriblement toxique : 66 000 morts en France chaque année, dont 3 000 fumeurs passifs, 400 000 aux Etats-Unis ; risque de mourir d’un cancer ou d'une maladie cardio-vasculaire de 50 % ; ravage de l’appareil respiratoire ; drame des jeunes femmes qui commencent leur grossesse en fumant (souffrance du bébé ; aucune barrière placentaire ; risque de fausses couches; petit poids à la naissance). Le tabac n’est pas pour autant un produit modificateur de conscience.

Je suis capable de dire NON et je sais pourquoi !

 

                   L'alcool est-il une drogue ?

Oui, chaque fois que l’on dépasse un certain seuil de consommation. Pour un certain nombre de personnes, ce seuil, c’est la tolérance zéro (enfants de moins de 15 ans dont le foie n’est pas formé ; femmes enceintes ; certains asiatiques ; personnes qui ont des problèmes avec l’alcool ou le foie abîmé et qui risquent de rechuter s’ils recommencent à boire). Pour les autres, à la condition de manger, un peu de vin peut faire partie de l’alimentation. Se méfier des alcools forts ; être vigilant sur son seuil de tolérance personnel, variable selon les personnes.

Je suis capable de dire NON et je sais pourquoi !
 

                       Le cannabis est-il une drogue ? 

Oui et il fait d’autant plus de mal que sa présence dans l’organisme est plus insidieuse. C’est l’intrus qui s’introduit dans le cerveau sans que le consommateur n’en prenne vraiment conscience. Drogue lente, non soluble dans l’eau ni le sang. Produit lipophile qui se fixe dans les graisses (principalement dans le cerveau), il est très long à éliminer. Pas de signal d’alarme comme pour l’alcool. C’est le sous-marin qui fait couler sans que l’on s’en rende compte.

 

Je suis capable de dire NON et je sais pourquoi !
 
Dépendances et addictions

La dépendance fait partie de la condition humaine et de nos limites. Ainsi, je suis dépendant(e) à l’eau. Sans eau, je meurs ! La dépendance est condition de ma liberté. Paradoxalement ce qui pouvait apparaître comme des limites contraignantes devient matériau pour faire œuvre constructive. Il ne s’agit plus de rêver sa vie, mais de se confronter au réel, de s’ajuster à la réalité des personnes et des choses qui m’entourent. Mieux je tiens compte du cadre dans lequel je suis (temps, espace, environnement), mieux j’utilise mes dons, mes capacités personnelles, plus j’avance, plus je grandis en liberté. Les liens entre les personnes sont nécessaires à la condition qu’il n’y ait pas de dominants et de dominés, que ces liens soient des liens de liberté, vécus dans le respect des personnes. Ce sont alors des inter-dépendances bénéfiques (amitié, amour, relations, liens professionnels). Mieux la personne sait susciter des liens authentiques, mieux elle les développe, mieux elle se construit. L’indépendance, le fait de ne se raccrocher à rien et de refuser les dépendances, ne signifie pas que l’on soit réellement libre.

Lorsque l’on parle de dépendance à la drogue, il s’agit d’une addiction esclavagiste. Les liens de liberté, nécessaires à la vie n’ont rien à voir avec cet esclavage dont il impératif de s’affranchir, si on n’a pas su y résister.

 

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 Ce schéma devrait être connu par tous les collégiens. Si l'information ne suffit pas pour faire de la prévention, elle est néanmoins indispensable. Connaître les effets du cannabis sur le cerveau en pleine formation, sa lenteur d'élimination peut aider un grand nombre de jeunes à ne pas se risquer à des comportements particulièrement  dangereux pour leur devenir.

 

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Nous vous recommandons aussi les livrets d'information sur le cannabis édités, l'un pour les collégiens et l'autre pour les adultes, par l'Union des Médecins Libéraux de Normandie

 

 

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Interventions en milieu scolaire

  

 

Les adultes

Aucun éducateur ne peut à l'heure actuelle faire l'impasse d'une formation à la prévention. Les jeunes ont une méta-culture de la drogue qui est en fait une pseudo-culture colportée par les lobbies commerciaux pro-drogue. Il est important que les parents et les enseignants en sachent davantage et soient crédibles lorsqu'ils démontent confusions, approximations et erreurs. Dès le CM, les parents et les instituteurs doivent pouvoir devancer les questions des enfants.

Au collège et au lycée

Nos interventions équilibrent témoignages de personnes sorties de la drogue et information. Nous sommes vigilants pour ne pas tomber dans les pièges de l'incitation, de la fascination ou de la moralisation. Nous souhaitons une réunion de parents au minimum, si possible avec une intervention auprès des enseignants lors d'une réunion pédagogique.

Une équipe de personnes confrontées à la drogue intervient auprès des jeunes. L'impact du vécu aide les jeunes à être vraiment réceptifs à l'information donnée. Prévoir 2 heures :

  • Après quelques témoignages, une présentation générale présente d'abord les méfaits comparés sur le cerveau du tabac, de l'alcool et du cannabis et propose un argumentaire solide pour que les jeunes soient capables de répondre aux sollicitations par lesquelles ils se font piéger (« Je suis capable de dire non et je sais pourquoi » ).

  • Les jeunes formulent leurs questions par écrit et de façon anonyme.

  • Les réponses aux questions permettent d'aborder davantage de points sensibles.

  • L'intervention peut être prolongée par la mise en place de groupes de volontaires, devenus eux aussi acteurs de prévention.

Dans un souci de cohérence éducative, il est nécessaire qu'un maximum d'enseignants soient présents pour aider les jeunes à confirmer leurs motivations dans la durée, spécialement pour ceux qui ont déjà « touché » et qui désirent arrêter. Des connaissances communes aux adultes et aux jeunes facilitent alors le dialogue.

    

Un chef d'établissement nous écrit : 


« Votre présence dans notre école depuis plusieurs années constitue un fil rouge dans notre stratégie de prévention. Les échos qui me reviennent des élèves et du personnel éducatif sont très positifs. Je tiens à exprimer à toute votre équipe ma reconnaissance et mes encouragements dans vos démarches d'accompagnement des familles et des jeunes. »

 

un autre : 


« La qualité des intervenants, une parole juste et vraie...je crois que vous avez trouvé la bonne façon pour interpeller les jeunes, pour les prévenir des dangers que constituent les drogues... Votre travail porte ses fruits. Combien de jeunes, grâce à vos interventions, ont cessé de consommer ou n'ont pas eu envie de commencer ? Je suis sûr qu'ils sont fort nombreux et c'est bien l'essentiel de votre tâche. Merci pour votre disponibilité et votre dévouement, merci pour la qualité des témoignages. Avec toute ma reconnaissance... »

 

Exemples de travail de prévention :

panneaux réalisés par des jeunes de la SEPR de janvier à mai 2004 dans le cadre du projet mené par le foyer d'hébergement qui se trouvait à Charpennes  "Education et prévention des risques liés à l'usage de drogues". Des volontaires avaient réfléchi avec nous pendant plusieurs soirées avant d'effectuer ces panneaux sous la direction de leur professeur d'art plastique. Ils avaient bien compris que ce n'est pas parce que c'est naturel que c'est bon !

 

 

 

 

 

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 Travail par petits groupes avec le rallye santé organisé par la Mairie du 4ème à Lyon

 

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Pour rendre hommage à tous les adolescents victimes de la drogue, pour avertir ceux qui risqueraient de se faire piéger voici les photos d'Anna et Anne-Cécile décédées  à 16 et 15 ans, après avoir exceptionnellement consommé de l'ecstasy. Dans ces comprimés fabriqués dans des laboratoires clandestins, on ne peut jamais savoir ce qu'il y a dedans ni comment la personne réagira.